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LES PREMIERS COLONS

En 1858, on procède à l'installation officielle des premières familles venues de France: elles se nomment Berthoumieu, Séverac, Loup, Mas, Dezomade, Capdepon, Lafitte, Barnier, Boutié, Juteau. Des familles originaires du midi de la France, en quête d'une vie meilleure.
La vie des premiers colons installés dans la plaine de l'Habra est des plus difficiles. On en compte environ 1500 dispersés sur les 36000 hectares de la plaine. Ils sont obligés d'aller chercher leur courrier à Saint-Denis du Sig, à environ 24 Km. Aussi le Conseil Général de l'époque souhaite qu'un bureau de poste soit établi à Perrégaux afin d'éviter un si long trajet aux habitants.

Il faut défricher les terres sous un soleil de plomb, déraciner les palmiers nains dont les racines s'enfoncent profondément. Les terres marécageuses abritent une faune hostile; les moustiques véhiculent le paludisme, la malaria et autres fièvres. La nuit, pour les plus isolés, il faut monter la garde car les voleurs et bandits de grands chemins rôdent autour des fermes. Certains renonceront rapidement et abandonneront leurs concessions à de plus courageux ou de plus obstinés. Souvent, ce sont des Espagnols, habitués de ces climats torrides, qui les remplaceront. Ce pays ressemble au leur et ils connaissent bien les techniques d'irrigation. Ils viennent pour la plupart des départements du Levant. En grande majorité, ils sont originaires des plaines d'Alicante, de Murcie ou d'Alméria. Ce sont en général des journaliers venus dans un premier temps en célibataires à bord de balancelles.


Balancelles

Ils constituent une main d'oeuvre appréciée des colons français. Habitués aux lourdes tâches agricoles, ils forment, comme chez eux, des "quadrillas" de défricheurs, et s'en retournent dans leur pays avec les économies de quelques mois de travail. Certains reviennent, parfois avec leur famille entière, et s'installent à leur compte après quelques années passées au service d'un patron. Les conditions de vie sont parfois inhumaines car certains vivent même dans des gourbis, sans eau potable.

Perrégaux est un de ces villages d'Oranie qui accueillera nombre de ces familles d'Espagnols, en grande majorité des Alicantins, plus spécifiquement originaires de la région d'Elche et de Guardamar del Segura. Un véritable engrenage migratoire s'opère: un membre d'une famille part tenter l'aventure et revient au pays avec des économies substantielles au regard des maigres salaires des ouvriers agricoles d'une Espagne meurtrie, en cette fin du 19° siècle. On incite ses frères, ses proches cousins, ses meilleurs amis à partir. Et puis, cette Algérie n'est qu'à une vingtaine d'heures de barque de pêcheur. Ainsi des regroupements s'opèrent dans les villages, chacun aidant le ou les nouveaux venus à s'installer. De surcroît, les Espagnols sont les travailleurs préférés des patrons français, car ils sont persévérants et disciplinés.

# Posté le mercredi 21 mars 2007 10:13

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