L'ÉGLISE SAINT-MARTIN
de
PERRÉGAUX
La paroisse Saint-Martin de Tours a été créée par un décret du 20 avril 1864. Mille huit cent francs par an avaient été alloués à la paroisse.
Avant cette date, le service religieux était assuré soit par Saint-Denis du Sig, soit par Aïn-Nouissy (Noisy-Les-Bains).
La chapelle
Le projet initial de construction de l'église prévoyait une chapelle en bois, dont les matériaux étaient empruntés à une baraque de campement sans emploi appartenant au service des Ponts et Chaussées. Ainsi l'architecte en chef responsable du projet espérait satisfaire le besoin religieux tout en minimisant la dépense évaluée à 2500 francs.
Cependant, le curé de Perrégaux, l'abbé François Orliac, craignant que ses "vases sacrés soient volés", il est décidé, avec l'appui ferme de M. Hyppolite Game, de construire "une chapelle avec sacristie de 14 mètres de long sur 7 de large avec plafond et carrelage, compris autel et rampe de communication et ce moyennant le prix de 2500 francs. S'agissant du presbytère, M. Game avait proposé l'affectation par bail d'une maison lui appartenant.
Anecdote:
La première fois que Monseigneur CALLAT vint d'Alger à Oran (en 1865?), le tronçon de Relizane au Sig n'était pas terminé. Le pont de l'Habra n'étant point fait, il fallait passer la rivière à gué. Le Commissaire civil de Saint Denis du Sig était venu à sa rencontre jusqu'à Perrégaux avec Mr. BERTRAND : Curé et des cavaliers arabes. Monseigneur après avoir reçu l'hospitalité au presbytère de Mr. ORLIAC, monta dans la voiture du docteur Game, au passage de la rivière les chevaux ne purent avancer ou ne voulurent pas avancer, bref il fallut que l'on transportât sa Grandeur sur l'autre rive, ce qui ne fut pas très aisé étant donné la corpulence de Monseigeur CALLAT. Le voyage égayé par cet incident, se termina heureusement.
1869 - La bénédiction des cloches
Le ler janvier 1869 les cloches furent livrées par la maison Roger MARTIN de VRECOURT (Vosges). Elles arrivèrent dans le courant du mois. Le baptême des deux cloches fut fixé au 25 mai.
La cérémonie eut lieu dans le jardin qui touche l'église, chez Mr. GAME. Elle fut faite par sa grandeur Monseigneur CALLAT, évêque d'Oran, assisté de Mr. l'abbé Pierre GARNIER, curé de Mascara, Mr. l'abbé André MERLE, curé de Saint Denis du Sig, Mr. l'abbé Auguste COL, curé de Bouguirat, Mr. François STARCK, curé de Blad Thouaria, Mr. François LOUSSERT, curé de Rivoli, Mr. François ORLIAC, curé de Perrégaux.
La grosse cloche avait pour parrain et marraine Mr. et Mme COMBES propriétaires.
L'inscription gravée sur la cloche fut celle-ci : Je m'appelle Martine, Philippe, Amélie, Françoise, fondue en 1866 pour l'église paroissiale de St. Martin de Tours de Perrégaux sous le pastorat de Monsieur François ORLIAC, Curé fondateur de la paroisse. Parrain: Anténore, Philippe, Tancrède COMBES, Marraine: Georgina, Amélie COMBES née MASSEY.
Au bas de la cloche sont les noms de tous les membres du conseil de fabrique. Deux médaillons ornent la cloche : l'un représentant St Martin couché dans son lit avec cet exergue : "Seigneur si je suis encore nécessaire à votre peuple je ne refuse pas le travail." Le second représente Le Christ apparaissant à St Martin revêtu de la moitié du manteau que celui-ci a donné à un pauvre. Autour on lit ces paroles: " Martin encore catéchumène m'a revêtu de ce manteau".
Cette cloche pesait 464 kilos.
La petite cloche s'appelait Marie Claudine ; elle pesait 48 kilos et eut pour parrain et marraine Monsieur Marcel LIGNON et Marie LIGNON née POMPIER.
Pendant la cérémonie on fit une quête, elle produisit 65 francs. Le même jour, Mr. le curé reçut un don de 50 francs pour la dette des cloches.
Les frais occasionnés par la cérémonie et le montage des cloches s'élevèrent à la somme de 200 francs, la charpente à 80 francs, le transport 60 francs, la ferrure 49 f. et la charpente de la bénédiction 22 f.
Les cloches furent placées contre le hangar qui servait de débarras à la suite de la sacristie. On construisit deux piliers en maçonnerie supportant deux poutres. Les deux autres poutres de la charpente portaient sur le mur du hangar et de la sacristie.
Ce fut un beau jour pour la paroisse, et quand tout fut terminé Mr. ORLIAC pouvait penser que cet achat ne pèserait pas beaucoup sur la fabrique et s'applaudit de son oeuvre. Il en avait le droit. De semblables cérémonies réunissent toujours une population. Puis le parrain, Mr. COMBES, avait promis 500 francs à sa filleule. Chacun était donc plein d'espérance.
(publié dans Le Petit Perrégaulois 1999, bulletin annuel de l'Amicale des Perrégaulois)
Malheureusement, le 15 décembre 1881, le barrage de l'oued-Fergoug cédait, et la crue dévastait la ville, emportant une partie de la paroisse.
La construction de l'église Saint-Martin
La construction de l'église fut entreprise dès la fin de l'année 1881 et avait coûté 48 000 francs dont 20 000 de subvention. Elle fut implantée sur le lot domanial n°131, concédé par décret du 7 avril 1869.
En 1920, un accident provoqua la mort d'un homme dans l'église et obligea l'administration religieuse à interdire l'édifice à ses paroissiens. photo prise en 1912