histoire de perregaux

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Naissance du village

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Perrégaux est née de la volonté de la France de faire d'un pays conquis, l'Algérie, un nouveau monde, neuf, riche, prospère et envié.
A l'origine de la colonisation, il n'y avait presque rien sur ces terres de l'Habra où vers les années 1870, ont émigré mes aïeux. Seules quelques ruines romaines, datant du 1° siècle après J.C., témoignaient d'une ère jadis florissante et réduite à néant par les invasions des Vandales, puis des Arabes. Ces ruines étaient les vestiges de l'ancienne ville "Castra Nova". Carrefour des routes venant d'Albulès (Aïn Témouchent ) et de Portus Magnus (Saint-Leu), elle occupait, au pied des monts du Tell et sur la rive droite de l'Oued el Hammam, une place stratégique.
En 1830, à l'époque où les troupes françaises débarquent sur les plages de Sidi-Ferruch, seul un caravansérail marque l'emplacement de la future ville française. Cet ouvrage sert de refuge, la nuit, aux caravanes et voyageurs reliant d'une part les plaines du Nord au grand sud Saharien, et d'autre part l'Est à l'Ouest.

a région est sauvage, les monts du Tell sont parcourus par une faune dangereuse (panthères, hyènes...) et la plaine de Ceirat est engorgée par les marais dans lesquels viennent se déverser les rivières du Sig et de l'Habra. Les terres, pourtant riches, sont insalubres et le sel apporté par l'oued Melah remonte à la surface et rend toute culture impossible sans de gigantesques travaux d'assainissement et d'irrigation. Sécheresse et inondations sont liées aux caprices des rivières, ajoutant aux maladies délétères inhérentes aux marais, des conditions de vie insoutenables pour les premiers colons.
La plaine de l'Habra était difficile à parcourir à cause des broussailles, d'un bois de tamarins et des marais parcourus par des troupeaux nomades de moutons et de boeufs. Les tentes des Bordgia qui surveillaient le passage de l'Habra pour le compte des Turcs, ne rappelaient guère l'ancienne cité de Castra-Nova. En 1838, on y construit une redoute, puis des concessions sont accordées à des colons français et espagnols, surtout originaires de Saint-Denis du Sig, vivant dans des gourbis. Robert Thintoin
En 1834, les troupes françaises débarquent à Oran. Elles s'opposent alors aux tribus ralliées d'Abd El Kader et subissent le 26 juin 1835, une défaite humiliante dans la plaine de Ceirat, plus précisément dans les marais de la Macta, tout près du futur village de Perrégaux.
Afin d'en finir avec Abd El Kader, une expédition de grande envergure est décidée. Elle portera le nom d'expédition de Mascara. Commandée par le Maréchal Clauzel, elle rassemble un corps d'armée de 10 000 hommes stationnés près du Tlélat. L'armée française compte onze bataillons, trois cent quatre-vingts chevaux français, six canons, douze obusiers de montagne et trois compagnies du Génie face aux 10000 cavaliers d'Abd El Kader. Elle est articulée en quatre brigades, plus une de réserve. Le général Perrégaux est à la tête de la deuxième brigade comprenant trois compagnies d'élite (10° Léger, 13° et 63°), le 17° Léger commandé par le colonel Corbin, et deux obusiers de montagne.
C'est tout près des quatre marabouts de Sidi-Embarek que va se dérouler la bataille qui va conduire les Français vainqueurs, aux portes de Mascara.
En 1838, les militaires français établissent près du caravansérail, une redoute qui prendra le nom, à la mémoire du général Perrégaux mort de ses blessures au siège de Constantine, de redoute Perrégaux.
n 1853, et conformément au plan de colonisation, il est envisagé de créer un village au débouché de l'Habra, près de l'emplacement de la redoute. Une commission est dépêchée au début de l'année 1853, sous la présidence du capitaine de Génie Marchand.
C'est alors que sous la protection des militaires, commencent à affluer dès 1855, environ 80 familles d'européens en quête de nouvelles terres. Ils viennent pour la plupart de Saint-Denis du Sig et vivent dans des conditions très précaires, ayant pour habitation des gourbis semblables à ceux des arabes. Ces premiers colons sont attirés par la qualité d'une terre bénie des dieux, où l'on peut y faire pousser tout type de récoltes irriguées par les eaux de l'oued Habra. Ils défrichent des petits lots de terre qu'ils louent au Domaine. En 1856, l'administration met en vente 4000 ha constituant 85 lots. La même année, le 1° octobre, une première adjudication avait vu le prix de l'hectare monter de 140 à 254 F, preuve de la qualité des terres, puisque à la même époque l'hectare ne valait pas plus de 50F dans la Mitidja.
Afin de régulariser une situation anarchique et de faire cesser une spéculation galopante, il est décidé de créer dans le cadre de la colonisation, un centre de 128 feux au lieu dit la Redoute de Perrégaux, comprenant un territoire de 2256ha 46.
Le 29 juillet 1858, un décret signé par l'empereur Napoléon III entérinait la création du village de Perrégaux.
Napoléon, par la grâce de Dieu et la volonté nationale, Empereur des Français,
A tous présents et à venir, Salut.
Vu les ordonnances des 21 juillet 1845, 5 juin et 1° septembre 1847
Vu la délibération du conseil de gouvernement de l'Algérie du 21 mai 1858
Sur le rapport du Prince chargé du Ministère de l'Algérie et des colonies, avons décrété et décrétons ce qui suit:
Art 1° - Il est créé dans la subdivision de Mascara, à vingt-huit kilomètres au nord de cette ville, sur la route qui la relie à Mostaganem, au lieu dit Redoute Perrégaux, un centre de population de cent vingt-huit feux, qui prendra le nom de Perrégaux.
Art 2° - Un territoire agricole de deux mille deux cent soixante-cinq hectares, quarante ares, est affecté à ce centre de population conformément au plan ci annexé.
Art 3° - Le Prince chargé du Ministre de l'Algérie et des colonies est chargé de l'exécution du présent décret.
Fait à St-Cloud, le 29 juillet 1858.
Signé: Napoléon.
L'année précédent la création du centre, une importante décision pour la future agglomération est prise. Il s'agit d'un arrêté ministériel du 4 février 1857, décidant de la réalisation d'un réseau de chemin de fer parcourant les trois provinces de l'Algérie. En particulier, à l'ouest, la ligne Alger-Oran empruntera l'itinéraire, Blida, Amoura, Orléanville, Le Sig et le Tlélat. Et par conséquent, le chemin de fer passera par le futur village de Perrégaux.

# Posté le mercredi 21 mars 2007 10:04

Modifié le lundi 16 février 2009 17:28

Décision de création du village - 1853

Décision de création du village - 1853
Division d'Oran 14 avril 1853
(Plaine de l'Habra)
Subdivision de Mascara Perrégaux

Projet de création d'un
Village au débouché de
l'Habra dans la plaine
Procès-verbal d'enquête

L'an mil huit cent cinquante-trois le douze Avril.

Conformément 1° aux instructions de Monsieur le Gouverneur Général en date du 2 avril 1846, 2° à l'ordre de Monsieur le Général commandant la province d'Oran en date du 24 janvier 1853, 3° aux ordres de Monsieur le Colonel commandant la Subdivision de Mascara.
Sur la convocation du Chef du Génie se sont réunis en commission:
MM. Marchand, Capitaine du Génie en chef par intérim président
Saâl, Chef du bureau arabe
Dulac, Chirurgien aide major au 24° Spahis
Vigiev, Vérificateur des domaines, secrétaire

La commission s'est transportée au point où la rivière de l'Habra quittant les montagnes, entre dans la plaine de Ceirat. Une vallée large et fertile, parcourue par le lit sinueux de la rivière bordée de tamarins, une plaine immense qui s'étend à perte de vue du côté du nord, une rivière qui en été même est toujours abondante, du bois à une faible distance, de la pierre à proximité, telles sont les conditions actuelles et assurément très favorables d'un village qui aura sans nul doute dans l'avenir une grande importance.
Les travaux d'irrigation et les communications nouvelles ne pourront manquer d'augmenter les conditions avantageuses que la nature offre d'elle même et que le travail de l'homme est destiné à rendre plus favorable encore.
Il est impossible de fixer en ce moment d'une manière absolue, la position à donner au centre nouveau. Le tracé de la route qui doit joindre Mascara à Mostaganem par la vallée de l'Habra, n'est pas encore arrêté, mais dès à présent il est permis de croire que, ce tracé à l'entrée de la plaine se trouvera sur la rive droite de la rivière. Le plateau sur lequel est situé le caravansérail actuellement existant se trouvera donc sur la route même et sera très vraisemblablement le point qui devra être assigné au village.
D'un autre côté, l'étude relative au barrage qui doit relever le niveau des eaux de l'Habra et les verser dans la plaine, n'est pas encore faite et sera commencée seulement cette année. De la hauteur et du parcours des canaux d'irrigation, résulteront des conditions nouvelles et qui pourront être plus ou moins avantageuses pour le village suivant qu'il sera placé un peu plus à droite ou un peu plus à gauche: mais les conditions générales n'en seront pas changées et resteront telles qu'elles sont exposées ci-après pour le plateau où sont situés le caravansérail et la redoute de Perrégaux.
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Sécurité et influence politique
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Le plateau où est placé le caravansérail est défendu du côté de l'Ouest et du côté du Sud par les escarpements de l'Habra. Il domine la plaine qui est devant lui et la vallée qui est derrière, et n'est dominé lui-même à l'est que par une montagne assez éloignée pour ne pas être à craindre. Situé à quelques lieux seulement de Saint-Denis du Sig à l'Ouest, de l'Oued El Hammam et de Mascara au Sud, de l'Aïn Nouissy au Nord, le village projeté est susceptible de recevoir promptement des secours en cas d'attaque, et l'importance même qu'il est appelé à prendre lui permettra, dans un avenir rapproché, d'avoir une protection suffisante dans sa propre population.
Cette position d'ailleurs est militaire, et ce qui le prouve c'est qu'elle avait été choisie pour l'établissement d'un ouvrage en terre qui subsiste encore et qui est connu sous le nom de redoute Perrégaux.
L'occupation de ce point par un centre considérable de population française sera loin d'être sans influence politique, elle est le centre d'un marché arabe considérable et occupe le noeud de différentes routes qui relient à la plaine le pâté montagneux et boisé des Beni Chougran.
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Salubrité
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La hauteur du plateau qu'occupera le village, la nature des terrains environnants, l'accès facile des vents du Nord; d'un autre côté la montagne boisée et le cours sinueux de l'Habra sur lesquels les vents du Sud perdront en passant une partie de leur sécheresse, sont des garanties certaines de salubrité. Cependant, il est à remarquer que les vents du nord-ouest doivent amener fréquemment les miasmes délétères que produisent pendant l'été les marais de la Macta; mais déjà la question du dessèchement de ce marais a été étudiée; des fonds sont alloués pour l'étude du barrage et des grands canaux d'arrosage au moyen desquels on pourra porter au loin les eaux de l'Habra qui dès lors deviendront une cause de fertilité au lieu d'être une source d'infections et de maladies.
Il est à désirer du reste, qu'outre l'assainissement produit par l'emploi d'une grande partie des eaux de l'Habra en irrigation, des plantations considérables de peupliers et de saules soient faites dans les parties les plus basses des marais pour arrêter et absorber au passage, et au moment même de leur dégagement, les gaz nuisibles à l'homme et aux animaux, mais qui par une heureuse compensation naturelle sont absorbées par les feuilles des arbres et des plantes pour servir à leur nutrition.
La position du village projetée deviendra alors complètement favorable sans le rapport de la salubrité et dès aujourd'hui les renseignements pris par la commission auprès de l'Agha des Beni Chougran permettent de croire que les miasmes des marais n'étendent leur influence que dans certaines parties de la plaine et que le plateau de la Redoute Perrégaux et du caravansérail n'auraient rien à en craindre. Sans partager complètement cet opinion, la commission est d'avis que la position en question doit être considérée comme plus avantageuse dès à présent, sans le rapport de la salubrité, que beaucoup d'autres points occupés et entre autre que le village de Saint-Denis du Sig.
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Propriété
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Les terres à affecter au village sont la propriété de plusieurs individus mais l'Etat possède à proximité de vastes étendues qui permettront de faire des échanges. Cette opération ne souffrira aucune difficulté.
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Communications
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La route commerciale de Mascara à Mostaganem passera nécessairement par la vallée de l'Oued El Hammam, et tout fait penser qu'on pourra la tracer de telle sorte qu'elle traversera le village, lequel sera relié de cette manière, non seulement avec Mascara et Mostaganem, mais encore avec le village de l'Oued El Hammam; depuis ce dernier point, une route qui sera prochainement achevée, permettra d'aller jusqu'à Bou Hanifia (Eaux chaudes).
L'ancien sentier turc, très fréquenté par les arabes, lequel suit le pied des montagnes et passe à Assi Chouil et plus loin à Relizane, joindra ce dernier oint à Saint-Denis du Sig et facilitera beaucoup les relations du village projeté avec Saint-Denis du Sig d'une part, et d'autre part avec Relizane et Dar Ben Abd Allah quand ces derniers centres de population seront créés.
Plusieurs traverses arabes qui vont depuis le village à Mascara ou à El Bordj sillonnent la montagne dans toutes les directions et plusieurs d'entre elles étant d'un accès facile pour les bêtes de somme augmentent encore la facilité de la circulation.


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Eaux
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Le village sera alimenté par les eaux de la rivière qui sont saines et ne sont nullement saumâtres. Ces eaux peuvent être amenées par les canaux d'irrigation très près du village et probablement sur le plateau même. Cependant comme en été toutes les eaux de rivière sont un peu chargées de matières végétales en suspension et de sel en dissolution, il sera bon de faire un puits à proximité du village ou dans le village même. Le fond de ce puits, inférieur au cours de la rivière recevra les eaux qui filtreront à travers le sable et les galets dont se compose la couche de terrain solide où l'Habra a pu prendre son lit définitif.
Une source de bonne eau existe dans la montagne à deux kilomètres environ, l'eau de cette source est amenée à la maison de l'Agha des Beni Chougran; mais elle n'est pas assez forte pour servir à l'alimentation d'une population un peu considérable, et ne serait pas amenée sur le plateau du caravansérail sans difficultés.
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Commerce
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Un marché arabe se tient aux environs de la redoute Perrégaux le jeudi de chaque semaine; c'est un des plus importants de la subdivision de Mascara. Il est fréquenté par les Beni Chougran, les Bordjia de la plaine; on y rencontre aussi des Flitta, des Medjeher et des habitants de toutes les tribus des environs. D'un autre coté, le nouveau centre sera un point de transit continuel pour le commerce qui se fera à Mostaganem et toute la subdivision de Mascara.
Entre le village de l'Oued El Hammam et Mascara, l'Habra a une pente assez rapide et lorsque la route sera faite, il est certain que de nombreuses usines s'établiront et s'échelonneront sur le cours de la rivière, moulin à farine, à plâtre ou à tan, tanneries, huileries.
Le village projeté deviendra donc un intermédiaire naturel entre les cultivateurs de la plaine et les usiniers de la vallée.
Son importance s'accroît encore de relations de toutes sortes qu'il établira avec Saint-Denis du Sig d'une part et Relizane d'autre part, quand ce point important sera créé.
En un mot la position choisie est extrêmement avantageuse au point de vue de l'agriculture, de l'industrie et du commerce.
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Dépense
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On trouve à peu de distance de la pierre à bâtir, de la pierre à chaux. La proximité des bois permettra d'avoir la chaux à bas prix. La nature du terrain permet de supposer qu'on trouvera des argiles propres à la briqueterie et à la tuilerie. Les dépenses relatives à la construction seront donc ordinaires.
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Réserves
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Il faut remettre à l'époque où la position du village sera complètement déterminée la désignation des réserves à faire. Dès à présent cependant on peut dans l'intérêt de la salubrité exprimer la condition que sur toute concession faite dans les parties plantées de tamarins, le concessionnaire ne pourra couper les tamarins existants sans autorisation et seulement deux ans après avoir planté sur son terrain des peupliers, ormes, frênes ou trembles, à raison de deux pour chaque tamarin abattu.

Fait à clos à Mascara, le quatorze avril mil huit cent cinquante trois.

Document d'archives CAOM, reproduit dans la monographie sur Perrégaux éditée par l'Amicale des Perrégaulois.
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# Posté le mercredi 21 mars 2007 10:08

Modifié le lundi 16 février 2009 17:17

le createur du village

Le Général PERREGAUX
par le Duc d'Orléans

Quand la prise de Constantine ajoute une belle page à nos annales militaires, pourquoi faut-il que la joie du triomphe soit troublée par la perte de tant de braves qui ont puissamment contribué à ce glorieux événement? Nul n'y a pris une part plus active que le général baron de Perrégaux frappé devant la brèche; ce brave officier-général vient de succomber, le 6 de ce mois aux suites de sa blessure.
Né le 21 octobre 1791, à Neufchâtel, en Suisse, mais d'origine française et naturalisé Français, Alexandre-Charles Perrégaux entra au service en qualité de sous-lieutenant, le 2 juillet 1807. Presque tous ses grades furent la récompense d'actions d'éclat ou de brillants services. Cité souvent dans les ordres du jour de la grande armée, le général Perrégaux s'était distingué dans les campagnes d'Autriche, d'Espagne, du Portugal, de Leipsick et de France.
Déjà, pour la troisième fois, le général Perrégaux était employé au commandement des troupes en Afrique lorsque les expéditions de Mascara et de Tlemcen mirent dans un nouveau jour ses talents comme officier-général.I.3.4.2 - Alexandre Charles de PERREGAUX est né le 21.10.1791 à Neuchâtel. Il est Baron par Lettres Patentes du 11.05.1816 et Lieutenant-Colonel de la Garde-Royale. En 1825, il épouse Cécile de POURTALES, née en 1804. Cécile décède en 1830. Alexandre reçoit une balle à la tête lors de l'expédition de Constantine le 12.10.1837. Il décède en mer le 06.11.1837 et est inhumé à Cagliari (Italie), sans postérité. Son nom a été donné à une ville d'Algérie, région d'Oran (aujourd'hui Mohammedia).
Bientôt il fut appelé au comité de l'infanterie et de la cavalerie ; mais une mission de haute importance lui était encore réservée. Nommé dans les premiers mois de 1837 chef d'état-major-général des possessions françaises dans le nord de l'Afrique, il fait, sans hésiter, abnégation de ses propres intérêts pour se dévouer avec ardeur aux destinées de notre nouvelle colonie.
Personne n'avait peut être plus que le général Perrégaux les qualités si rares et si multipliées qui sont nécessaires pour remplir dignement l'emploi difficile que la confiance du roi venait de lui conférer. La fermeté, le désintéressement et la capacité administrative du général Perrégaux, semblaient promettre enfin une ère nouvelle à nos possessions africaines.
Il faut renoncer à peindre l'affliction qui s'empara des troupes à la nouvelle que le général Perrégaux venait d'être atteint d'une balle à la tête peu d'instant après la mort du général en chef, son ami ; mais, esclave de ses devoirs, il n'abandonna ses fonctions qu'au retour de l'armée à Bone. Là, soldats et officiers accompagnèrent de leurs voeux son embarquement. Ces voeux, hélas, ne devaient pas être exaucés : Perrégaux succomba à ses blessures dans la traversée, et ses restes mortels ont été déposés à Cagliari, où il a reçu des troupes sardes et de la marine française les honneurs les plus empressés et les plus touchants.
Alexandre-Charles Perrégaux est né le 21 octobre 1791 à Neufchâtel , mais d'origine française et naturalisé Français, Alexandre-Charles Perrégaux est entré au service militaire en qualité de sous-lieutenant, le 2 juillet 1807, dans le bataillon de Neufchâtel.

Envoyé en Algérie, il y fut remarqué dans les expéditions de Mascara et de Tlemcen, et reçut à Mostaganem le commandement d'un corps de 5.000 hommes, avec lequel il soumit vingt-deux tribus établies entre Mostaganem et Mascara. Il est nommé maréchal de camp 6 juin 1834. Le 12 octobre 1837, il se trouvait au siège de Constantine auprès du général Danrémont lorsque celui-ci fut tué par un boulet.Voyant tomber le général en chef, Perrégaux se précipita sur lui et, en se baissant, fut atteint d'une balle qui lui traversa le nez et s'enfonça assez avant dans le palais.

Ramené à Bône et embarqué pour France, le général Perrégaux mourut pendant la traversée. Il fut enterré à Cagliari.

# Posté le mercredi 21 mars 2007 10:09

Modifié le jeudi 29 mars 2007 15:04

quelque notices historique: Perrégaux de 1858 à 1877

quelque notices historique: Perrégaux de 1858 à 1877
otices historiques et statistiques du centre de Perrégaux (1858-1877)
Par Jules Duforest, maire de Perrégaux




Centre agricole et industriel situé sur la rive droite de l'Habra à:
- 75 kilomètres à l'est d'Oran
- 28 kilomètres au nord de Mascara
- 40 kilomètres au sud de Mostaganem
- 52 kilomètres à l'ouest de Relizane
La commune de Perrégaux occupe aujourd'hui une superficie de 15365 hectares, dont 13099 hectares 60 ares font partie des 24 000 hectares de la Cie Franco Algérienne.
Sa création remonte à l'année 1858 (décret du 29 juillet). Il lui fut attribué un territoire de 2265 hectares 40 ares d'origine Beylick, tout irrigable, divisé en 128 feux, dont 113 furent concédés savoir:
- 1 à un colon venu de France
- 112 à des colons algériens.

Par décision impériale des 1er et 30 avril 1865, le centre de Perrégaux, jusque là régit militairement, fut rattaché au district de Saint Denis du Sig, dont il forma une section communale jusqu'au 30 septembre 1870, époque où il fut érigé en commune de plein exercice.
Les commencements de ce centre furent des plus difficiles; créé en vue d'être irrigué dans toute l'étendue de son territoire, il attendit l'eau pendant seize ans; cette situation fâcheuse sur tous les points fut la ruine de bien des colons, et les conséquences sont telles que Perrégaux qui aujourd'hui possède des éléments exceptionnels de prospérité, se ressentira toujours de ce manque d'eau, car sur 113 concessions données, 67 ont été rendues, soit par expropriation, soit volontairement; sur les 46 restant, 25 seulement sont exploitées par les attributaires eux-mêmes, les 21 autres sont bien restées entre les mains des attributaires. Mais ceux-ci n'habitent pas la commune, et de même que les acquéreurs des 67 concessions vendues et qui sont en partie étrangers à la localité, n'ayant eu d'autre perspective jusqu'en 1874 que de dépenser de l'argent en pure perte, ils n'ont pas construit de maison. Il en résulte cette situation que dans toutes les rues il y a en quantité des lots à bâtir inoccupés sur lesquels il reste une petite maisonnette en ruine et qu'une partie des lots de culture sont loués à des arabes.

Cependant cette situation pourrait changer. Il faudrait pour cela que le chemin de fer d'Arzew à Saïda lorsqu'il fonctionnera crée ici des industries comme au Sig, des chantiers pour la préparation de l'alfa, des écorces à tan, car il n'est pas impossible qu'une partie des marchandises de Saïda et des environs à destination d'Oran, emprunte la voie ferrée pour être transbordées à Perrégaux, sur le chemin de fer PLM ce qui amènerait nécessairement des ouvriers; il faudrait aussi que les propriétaires consentissent à bâtir et à louer les terrains aux européens.

Il serait injuste de croire que les premiers colons n'ont pas cherché à sortir de la situation qui leur était faite par le manque d'eau. En 1863 alors que les colons n'étaient qu'une trentaine, ils demandaient déjà d'être autorisés à construire à leurs frais un barrage réservoir aux environs de Perrégaux, barrage primitif il est vrai, mais qui ne leur aurait pas moins permis d'arroser leurs terres, comme l'étaient celles de l'Habra, par le barrage de Saint Maur, en fascines; il leur fut répondu que l'administration allait construire un grand barrage réservoir, à l'oued Fergoug. Ils demandaient aussi d'établir une pompe qui aurait élevé l'eau de la rivière pour permettre l'alimentation du village. L'insurrection de février 1864 fit partir quelques colons et empêcha quelques autres de venir.
Le 24 juillet 1864, les 24 000 hectares de la plaine de l'Habra furent vendus, et l'acquéreur devait entre autres conditions construire le barrage de l'Oued Fergoug. Les colons qui étaient au nombre de 35 environ, eurent l'espoir d'arroser leurs terres, 2 ou 3 ans plus tard.

En 1865 les travaux du barrage sont commencés. On espère qu'ils seront terminés fin de 1867. Il ne fonctionna qu'en 1871, mais Perrégaux ne put en profiter, parce que le canal destiné à amener l'eau à Perrégaux et qui est accolé à une montagne schisteuse non complètement assise avait été emporté par les eaux pluviales. En 1872 une commission syndicale fit établir des gaines en bois. L'eau arriva par ce moyen pour la première fois à Perrégaux, mais hélas cela ne dura que 12 heures. La montagne s'affaissa; malheureusement à cette époque le canal avait été remis entre les mains du syndicat et l'administration put ainsi de désintéresser de la question.

En 1873 les propriétaires firent un suprême effort et empruntèrent 60 000F pour rétablir le canal au moyen de gaines en tôle établies à l'endroit ou la montagne avait glissé.

Enfin au commencement de 1874, l'eau arriva définitivement à Perrégaux, mais il avait été dépensé 81000f. pour arriver à ce résultat. Cette énorme dépense nuit essentiellement au bon fonctionnement du syndicat, en ce sens que sur un budget de recettes de 18000 f, près de 12000 sont absorbés par les intérêts et l'investissement.
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Cultures
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Les cultures actuelles se composent de:
196 hectares de blé tendre
675 hectares de blé dur
1196 hectares d'orge
16 hectares d'avoine
87 hectares de lin
total 2257 hectares

Si l'eau ne manque pas, peut-être fera-t-on 3 à 400 hectares de maïs, le reste du territoire est en pâturage. Dans la plaine, les colons isolés abandonnent de plus en plus les cultures, pour ne se livrer qu'à l'engrais du bétail.
Les terres valent en moyenne 400 francs l'hectares.
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Voies de communication
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Au nord, Perrégaux est traversé par la route départementale de Mostaganem à Mascara qui l'atteint à son quarantième kilomètre. Jusqu'à ce point, cette route est à l'état d'entretien, c'est à dire qu'elle est fermée et entretenue par un service régulier de cantonniers. Son empierrement continue à la traversée du village et se termine au kilomètre 41. De ce point à l'oued el Hammam, les terrassements sont faits, quelques parties mêmes sont emprisonnées mais imparfaitement et non d'une manière continue.

A l'ouest se trouve le chemin de grande communication du Sig à Perrégaux qui dessert la plaine de l'Habra. Ce chemin est empierré du coté du Sig jusqu'à Mocta Douz et du côté de Perrégaux jusqu'au hameau de l'Habra. Il ne resterait donc qu'environ sept kilomètres à construire pour le mettre en bon état de viabilité.

Parallèlement à la ligne ferrée du PLM et au même point cardinal, existe le chemin d'intérêt commun du Sig à Perrégaux, qui, fait depuis longtemps, s'est conservé en bon état.

Au nord et presque parallèlement à la route de Mostaganem, se trouve encore un chemin vicinal, classé de 10 kilomètres environ, dont les terrassements vont être commencés. Ce chemin est appelé à desservir toute la plaine de Perrégaux jusqu'à Debrousseville. Il est fâcheux que les ressources de la commune ne permettent pas l'empierrement de cette voie de communication qui est d'une utilité incontestable pour les colons voisins.

Perrégaux est donc suffisamment desservi au nord et à l'ouest par des routes ou chemins. Au sud, il en serait de même si la route départementale de Mostaganem à Mascara était empierrée entre Perrégaux et l'Oued el Hammam. Ces travaux d'empierrement peuvent se faire peu à peu au moyen de crédits alloués par le département.
Il n'y a donc qu'à l'est que Perrégaux se voit dépourvu de tout moyen de communication. Il se trouve de ce coté une solution de continuité qui porte préjudice à toutes les propriétés situées entre le village et l'oued Malah, Romri et Bouguirat. Une route serait cependant de première utilité pour desservir cette contrée dont les habitants sont souvent appelés pour leurs affaires à Perrégaux, et prennent pour y arriver un chemin accidenté, sur lequel la circulation est difficile en été et impossible en hiver.
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Eaux et fontaines
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Le village est alimenté par les canaux d'irrigations, eau provenant du barrage de l'oued Fergoug, territoire complètement irrigué.
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Edifices publics
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Gendarmerie construite en 1864, par le département.
Ecoles, presbytère, église provisoire et mairie provisoire en construction.
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Services municipaux
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Municipalité: - 7 Français
- 1 étranger
- 1 musulman
Electeurs français : 174
Electeurs étrangers : 41
Electeurs musulmans: 34
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Cultes
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7 familles protestantes
18 familles israélites
le reste catholique.
Un prêtre catholique, un rabbin.

Justice, poste, télégraphe, gendarmerie, juge de paix, greffier, interprète, huissier.
Poste et télégraphe réunis, sous un même employé.
1 brigadier, 4 hommes.
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Instruction publique
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Ecole des garçons gratuite, un instituteur, 50 élèves
Ecole des filles gratuite, une institutrice, 40 élèves
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Situation financière (1871-1876)
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L' excédant de recettes de chaque année provient de ce que les prestations n'ont pas encore été employées sur les chemins vicinaux. Cette année elles le seront.
Pour l'année 1877, les revenus seront augmentés par suite de la création d'un marché aux bestiaux pour l'édification duquel la commune a fait un emprunt de 4000f, remboursable en 5 années. Malheureusement cette année de sécheresse nuit beaucoup à la prospérité de cette création.
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Commerce
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Le commerce ne consiste qu'en grains et en engrais de bestiaux, l'importance du chiffre d'affaires pour l'année 1876 peut s'élever à environ 500 000f.
Les résultats du marché, création du 1er janvier 1877, ne pourront être appréciés qu'à la fin de l'année.
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Industrie
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Nulle; susceptible d'atteindre un certain développement si le port d'Arzew n'absorbe pas à lui seul toutes les marchandises venant des hauts plateaux, par le chemin de fer d'Arzew à Saïda.


La gendarmerie doit être doublée pour assurer le service d'une manière régulière, ou bien le territoire doit être agrandi à l'ouest, au sud et à l'est, pour permettre l'établissement d'une police sérieuse.

La Cie franco Algérienne a fait une plantation de 10 hectares de cannes à sucre, sans résultat.

Perrégaux, le 31 mars 1877.

# Posté le mercredi 21 mars 2007 10:11

Modifié le vendredi 23 mars 2007 08:23

les 1 colons

LES PREMIERS COLONS

En 1858, on procède à l'installation officielle des premières familles venues de France: elles se nomment Berthoumieu, Séverac, Loup, Mas, Dezomade, Capdepon, Lafitte, Barnier, Boutié, Juteau. Des familles originaires du midi de la France, en quête d'une vie meilleure.
La vie des premiers colons installés dans la plaine de l'Habra est des plus difficiles. On en compte environ 1500 dispersés sur les 36000 hectares de la plaine. Ils sont obligés d'aller chercher leur courrier à Saint-Denis du Sig, à environ 24 Km. Aussi le Conseil Général de l'époque souhaite qu'un bureau de poste soit établi à Perrégaux afin d'éviter un si long trajet aux habitants.

Il faut défricher les terres sous un soleil de plomb, déraciner les palmiers nains dont les racines s'enfoncent profondément. Les terres marécageuses abritent une faune hostile; les moustiques véhiculent le paludisme, la malaria et autres fièvres. La nuit, pour les plus isolés, il faut monter la garde car les voleurs et bandits de grands chemins rôdent autour des fermes. Certains renonceront rapidement et abandonneront leurs concessions à de plus courageux ou de plus obstinés. Souvent, ce sont des Espagnols, habitués de ces climats torrides, qui les remplaceront. Ce pays ressemble au leur et ils connaissent bien les techniques d'irrigation. Ils viennent pour la plupart des départements du Levant. En grande majorité, ils sont originaires des plaines d'Alicante, de Murcie ou d'Alméria. Ce sont en général des journaliers venus dans un premier temps en célibataires à bord de balancelles.


Balancelles

Ils constituent une main d'oeuvre appréciée des colons français. Habitués aux lourdes tâches agricoles, ils forment, comme chez eux, des "quadrillas" de défricheurs, et s'en retournent dans leur pays avec les économies de quelques mois de travail. Certains reviennent, parfois avec leur famille entière, et s'installent à leur compte après quelques années passées au service d'un patron. Les conditions de vie sont parfois inhumaines car certains vivent même dans des gourbis, sans eau potable.

Perrégaux est un de ces villages d'Oranie qui accueillera nombre de ces familles d'Espagnols, en grande majorité des Alicantins, plus spécifiquement originaires de la région d'Elche et de Guardamar del Segura. Un véritable engrenage migratoire s'opère: un membre d'une famille part tenter l'aventure et revient au pays avec des économies substantielles au regard des maigres salaires des ouvriers agricoles d'une Espagne meurtrie, en cette fin du 19° siècle. On incite ses frères, ses proches cousins, ses meilleurs amis à partir. Et puis, cette Algérie n'est qu'à une vingtaine d'heures de barque de pêcheur. Ainsi des regroupements s'opèrent dans les villages, chacun aidant le ou les nouveaux venus à s'installer. De surcroît, les Espagnols sont les travailleurs préférés des patrons français, car ils sont persévérants et disciplinés.

# Posté le mercredi 21 mars 2007 10:13

armoiries

armoiries
la Ville en lisant son armoiries
- Le secret de sa prospérité : les plantations Oranges
- L'eau : le barrage Fergoug est resté pendantlongtemps le plus grand barrage d'Algérie
- La locomotive indique que les chemins de fer ont joués un grand rôle dans le développement de Perrégaux qui dans les années 1950 comptait plus de 30 000 habitants
- CASTRA NOVA est le nom de le petite bourgade ROMAINE qui existait à cet endroit et dont il ne reste plus de ruines détruite Probablement par les invasions vandales
- Le croissant et la main de fatma : origines Musulmano-Berbero-Arabes- de cet endroit
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# Posté le mercredi 21 mars 2007 11:39

Modifié le samedi 24 mars 2007 06:52

Isabelle EBERHARDT

Isabelle EBERHARDT
PERREGAUX,
commune de plein exercice

Perrégaux est régie militairement et rattaché à Saint-Denis du Sig jusqu'à son érection en commune de plein exercice le 30 septembre 1870. Jusqu'à cette date, par décrets impériaux du 1er et du 30 avril 1865, le village formait une section communale avec Saint-Denis du Sig.

En 1873, Achille Fillias nous indique, dans son ouvrage Géographie Physique et Politique de l'Algérie, que Perrégaux possède une mairie, une gendarmerie, une église, une école mixte et une station de chemin de fer; fermes nombreuses, céréales, bétail; marché arabe tous les jeudis; - 666 habitants.
Avec l'augmentation du nombre d'habitants, il est construit deux écoles de part et d'autre de l'église Saint-Martin: une école des garçons et une école des filles.

En 1876, Perrégaux est un chef lieu de canton et de commune de 2100 habitants dont 610 Français, 4 Israélites, 589 Indigènes et 897 Etrangers presque tous espagnols. Les Espagnols sont plus nombreux que les Français et les Arabes. On parle Espagnol dans les rues de Perrégaux, enfin plutôt le Valencien, dialecte courant pratiqué jusqu'à Guardamar, officiellement village le plus au sud du parler Valencien en Espagne.

En 1877, le maire, Jules Duforest, indique dans une notice historique, l'existence d'une école des garçons gratuite, avec un instituteur et 50 élèves, et une école des filles dirigée par une institutrice et une classe de 40 élèves.

Le projet de construction d'une mairie est finalement adopté en 1880. Il est également créé un asile, un commissariat de police et une prison.

Le 15 décembre 1881, le barrage de l'Oued-Fergoug cède pour la deuxième fois. Deux cent cinquante personnes furent noyées et la ville presque entièrement détruite.
Le consulat d'Espagne à Oran recense 1362 Espagnols à Perrégaux.

Malgré tout, Perrégaux prospère rapidement grâce à la volonté de ses habitants qui œuvrent pour faire de leur commune un village où il fait bon vivre.

En 1887 la population du centre de Perrégaux compte 937 Français, 1811 Etrangers, 1805 Musulmans et 42 Israélites, soit au total 4602 habitants.

En septembre 1903, Isabelle Eberhardt relate, dans ses "Notes de route", son passage à Perrégaux.

J'allais dans le Sud oranais, comme reporter... Le rêve de tant de mois allait se réaliser, et si brusquement !
Le long voyage en chemin de fer, à travers tout l'ouest et le sud-ouest de l'Algérie fut charmant.
Dans la première émotion joyeuse du départ, j'eus quelques heures de repos et de rêverie.
Il est ainsi, à certaines époques de la vie, des instants où rien d'extraordinaire ne survient, mais qu'on n'oublie jamais dans la suite, car ils sont d'une indicible douceur.
C'était à Perrégaux, où il faut attendre le train d'Arzew qui descend vers le sud.
Perrégaux n'est qu'un bourg espagnol serti de grands jardins verts, au milieu d'une immense plaine fertile. Pourtant, ce coin très quelconque du Tell algérien me parut souriant, presque beau.
Le jour déclinait, limpide, sur le calme de la campagne. Une haute colline barrait l'horizon qui s'allumait peu à peu. Au sommet, il y avait une petite chapelle de Sidi Abdelkader de Bagdad, qui semblait toute rose, entre quelques silhouettes d'oliviers gris. Là, dans l'herbe desséchée, des pierres brutes se cachaient : le cimetière musulman, un lieu de mélancolie calme, sans rien de funèbre. e soir, j'allais m'étendre sur une natte, devant un café maure. A coté, au-dessus de la porte cochère d'une hôtellerie espagnole, on lisait en gros caractères maladroits : defendido entrar gitanos, << entrée interdite aux gitans >>.
En face, un mur nu se profilait sur l'opale rose du couchant. Accroupis à terre, des Arabes nomades rêvaient. Dans l'air chaud, des senteurs connues traînaient les senteurs du pays bédouin, au soirs d'été : fumée de thuya ou de genévrier, odeurs de peaux de boucs, de goudron, de chairs bronzées en moiteur. Et moi, je goûtais la volupté profonde de la vie errante, la joie d'être seule, inconnue sous le burnous et le turban musulmans, et de regarder en paix le jour finir en des lueurs rouges sur la simplicité des choses, dans ce village où rien ne me retenait, et que j'allais quitter à la tombée de la nuit.
isabelle EBERHARDT, femme de lettres et voyageuse, née à Genève le 17 février 1877 de père russe converti à l'Islam et de mère russe chrétienne, Mme De MOERDER, née Nathalie Eberhardt.Elle épouse un maréchal de spahis d'origine algérienne et de nationalité française, selon le rite musulman. Elle meurt à Aïn Sefra le 21 octobre 1904, sous l'éboulement de sa maison emportée par l'oued en crue.
Oeuvres principales : Nouvelles algériennes (1905), Dans l'ombre chaude de l'islam (1906), Les journaliers (1922).
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# Posté le mercredi 21 mars 2007 11:57

Modifié le mercredi 21 mars 2007 14:45

une histoire ancienne

une histoire ancienne
istoire de la commune
Histoire ancienne
Seules quelques ruines romaines, datant du 1° siècle après J.C., témoignaient d'une ère jadis florissante et réduite à néant par les invasions des Vandales, puis des Arabes. Ces ruines étaient les vestiges de l'ancienne ville "Castra Nova". Carrefour des routes venant d'Albulès (Aïn Témouchent ) et de Portus Magnus (Saint-Leu), elle occupait, au pied des monts du Tell et sur la rive droite de l'Oued el Hammam, une place stratégique.
Présence turque
1515-1830
La plaine de l'Habra était difficile à parcourir à cause des broussailles, d'un bois de tamarins et des marais parcourus par des troupeaux nomades de moutons et de boeufs. Les tentes des Bordgia qui surveillaient le passage de l'Habra pour le compte des Turcs, ne rappelaient guère l'ancienne cité de Castra-Nova.

Présence française
1830-1962
En 1830, à l'époque où les troupes françaises débarquent sur les plages de Sidi-Ferruch , seul un caravansérail marque l'emplacement de la future ville française. Cet ouvrage sert de refuge, la nuit, aux caravanes et voyageurs reliant d'une part les plaines du Nord au grand sud Saharien, et d'autre part l'Est à l'Ouest.
La région est sauvage, les monts du Tell sont parcourus par une faune dangereuse (panthères, hyènes...) et la plaine de Ceirat est engorgée par les marais dans lesquels viennent se déverser les rivières du Sig et de l'Habra. Les terres, pourtant riches, sont insalubres et le sel apporté par l'oued Melah remonte à la surface et rend toute culture impossible sans de gigantesques travaux d'assainissement et d'irrigation. Sécheresse et inondations sont liées aux caprices des rivières, ajoutant aux maladies délétères inhérentes aux marais, des conditions de vie insoutenables pour les premiers colons.
En 1834, les troupes françaises débarquent à Oran. Elles s'opposent alors aux tribus ralliées d'Abd El Kader et subissent le 26 juin 1835, une défaite humiliante dans la plaine de Ceirat, plus précisément dans les marais de la Macta, tout près du futur village de Perrégaux.
Afin d'en finir avec Abd El Kader, une expédition de grande envergure est décidée. Elle portera le nom d'expédition de Mascara. Commandée par le Maréchal Clauzel, elle rassemble un corps d'armée de 10 000 hommes stationnés près du Tlélat. L'armée française compte onze bataillons, trois cent quatre-vingts chevaux français, six canons, douze obusiers de montagne et trois compagnies du Génie face aux 10000 cavaliers d'Abd El Kader. Elle est articulée en quatre brigades, plus une de réserve. Le général Perrégaux est à la tête de la deuxième brigade comprenant trois compagnies d'élite (10° Léger, 13° et 63°), le 17° Léger commandé par le colonel Corbin, et deux obusiers de montagne. C'est tout près des quatre marabouts de Sidi-Embarek que va se dérouler la bataille qui va conduire les Français vainqueurs, aux portes de Mascara.
En 1838, les militaires français établissent près du caravansérail, une redoute qui prendra le nom, à la mémoire du général Perrégaux mort de ses blessures au siège de Constantine, de redoute Perrégaux.
En 1853, et conformément au plan de colonisation, il est envisagé de créer un centre au débouché de l'Habra, près de l'emplacement de la redoute. Une commission est dépêchée au début de l'année 1853, sous la présidence du capitaine de Génie Marchand.
C'est alors que sous la protection des militaires, commencent à affluer dès 1855, environ 80 familles d'européens en quête de nouvelles terres. Ils viennent pour la plupart de Saint-Denis du Sig et vivent dans des conditions très précaires, ayant pour habitation des gourbis semblables à ceux des arabes.
Ces premiers colons sont attirés par la qualité d'une terre bénie des dieux, où l'on peut y faire pousser tout type de récoltes irriguées par les eaux de l'oued Habra. Ils défrichent des petits lots de terre qu'ils louent au Domaine.
En [(1856]], l'administration met en vente 4000 ha constituant 85 lots. La même année, le 1° octobre, une première adjudication avait vu le prix de l'hectare monter de 140 à 254 F, preuve de la qualité des terres, puisque à la même époque l'hectare ne valait pas plus de 50F dans la Mitidja.
Afin de régulariser une situation anarchique et de faire cesser une spéculation galopante, il est décidé de créer dans le cadre de la colonisation, un centre de 128 feux au lieu dit la Redoute de Perrégaux, comprenant un territoire de 2256ha 46.
L'année précédent la création du centre, une importante décision pour la future agglomération est prise. Il s'agit d'un arrêté ministériel du 4 février 1857, décidant de la réalisation d'un réseau de chemin de fer parcourant les trois provinces de l'Algérie. En particulier, à l'ouest, la ligne Alger - Oran empruntera l'itinéraire, Blida, Amoura, Orléanville, Le Sig et le Tlélat. Et par conséquent, le chemin de fer passera par le futur village de Perrégaux.
Construction du barrage
Barrage de l'Oued Fergoug
Il n'était pas envisagé de créer un centre de colonisation sans étudier au préalable le problème vital de l'eau, dans une région où l'été est synonyme de sécheresse.
La construction d'un barrage sur l'Habra en amont du futur centre de Perrégaux était déjà évoquée dans le procès verbal d'enquête du 14 avril 1853 sur la création du futur centre de Perrégaux:
<< ... l'étude relative au barrage qui doit relever le niveau des eaux de l'Habra et les verser dans la plaine, n'est pas encore faite et sera commencée seulement cette année... des fonds sont alloués pour l'étude du barrage et des grands canaux d'arrosage au moyen desquels on pourra porter au loin les eaux de l'Habra, qui dès lors deviendront une cause de fertilité au lieu d'être une source d'infections et de maladies...
Le village sera alimenté par les eaux de la rivière qui sont saines et ne sont nullement saumâtres. Ces eaux peuvent être amenées par les canaux d'irrigation très près du village et probablement sur le plateau même.>>
Alimentée par l'Oued Habra, la plaine de l'Habra était constituée de terres marécageuses qu'il fallait assainir et irriguer. Cette opération s'inscrivait dans le cadre d'un projet gigantesque, insufflé par les premiers colons installés à Perrégaux.
L'ouvrage construit de 1865 à 1871, était un barrage-poids en maçonnerie hydraulique de 316 mètres de long flanqué en rive droite d'un mur de 30 mètres faisant un angle de 120° avec l'ouvrage central, et en rive gauche d'un déversoir de 125 mètres de long faisant un angle de 35° avec le prolongement de l'axe du barrage. Le déversoir était fait de deux murs verticaux réunis par un glacis en pente; sa crête était à 1,60 mètre en contrebas de la plate-forme du barrage.
Le 29 juillet 1858, un décret signé par l'empereur Napoléon III entérinait la création du village de Perrégaux. "....
Art 1° - Il est créé dans la subdivision de Mascara, à vingt-huit kilomètres au nord de cette ville, sur la route qui la relie à Mostaganem, au lieu dit Redoute Perrégaux, un centre de population de cent vingt-huit feux, qui prendra le nom de Perrégaux<br ....
Commune de plein exercice
Perrégaux est régie militairement et rattaché à Saint-Denis du Sig jusqu'à son érection en commune de plein exercice le 30 septembre 1870. Jusqu'à cette date, par décrets impériaux du 1er et du 30 avril 1865, le village formait une section communale avec Saint-Denis du Sig.
En 1873, Achille Fillias nous indique, dans son ouvrage Géographie Physique et Politique de l'Algérie, que Perrégaux possède une mairie, une gendarmerie, une église, une école mixte et une station de chemin de fer; fermes nombreuses, céréales, bétail; marché arabe tous les jeudis; - 666 habitants.
Avec l'augmentation du nombre d'habitants, il est construit deux écoles de part et d'autre de l'église Saint-Martin: une école des garçons et une école des filles.
En 1876, Perrégaux est un chef lieu de canton et de commune de 2100 habitants
Le projet de construction d'une mairie est finalement adopté en 1880. Il est également créé un asile, un commissariat de police et une prison.
Le 15 décembre 1881, le barrage de l'Oued-Fergoug cède pour la deuxième fois. Deux cent cinquante personnes furent noyées et la ville presque entièrement détruite.
Le consulat d'Espagne à Oran recense 1362 Espagnols à Perrégaux.
Malgré tout, Perrégaux prospère rapidement grâce à la volonté de ses habitants qui œuvrent pour faire de leur commune un village où il fait bon vivre.
• Source (extrait partiel) Patrick Peralta
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# Posté le mercredi 21 mars 2007 12:15

Modifié le jeudi 22 mars 2007 06:04

LE JARDIN PUBLIC

LE JARDIN PUBLIC
En plein centre ville, le jardin public est l'endroit le plus fréquenté des Perrégaulois.
Chacun appréciait ses allées ombragées et fraîches, bordées d'immenses ficus et d'hévéas.
Avec le kiosque à musique situé au coeur du square Louis Laurent, le jardin public était le lieu privilégié où l'on venait écouter les concerts, les auditions de musique, où avaient lieu les kermesses, les distributions de prix, les fêtes annuelles.

La proximité de l'église, du kiosque à musique, de la fontaine et du monument aux Morts favorisait les rencontres des habitants de la ville.

# Posté le mercredi 21 mars 2007 13:19

Modifié le jeudi 22 mars 2007 05:30

le jardin public

le jardin public
Le jardin public au début du siècle.
La fontaine n'est pas encore ornementée du baigneur au dauphin.
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# Posté le mercredi 21 mars 2007 13:42

Modifié le jeudi 22 mars 2007 08:49